Je te retrouverai, si tu veux, cet hiver.
J'aurai plein de credos, de désirs et de riens...
Quand les soleils couchants de la Cave aux cent bières
Danseront dans ma chope comme des rires de gamins,
Je dirai que je t'aime en te prenant la taille.
Le chef nous apprendra des chants gastronomiques
Pour des canards flamands ou des coqs à la gueuse.
Le pianiste, en riant, nous jouera des cantiques
A faire briller l'écume aux yeux des femmes heureuses.
Tu oublieras le bruit de nos pauvres chamailles.
Et la mer,
Là, juste à côté sur la place...
Et la mer,
Celle qui me reprend quand tu pars,
Quand tu passes,
Quand tu me reviens...
La mer ramènera tes vieux rêves bleuis
De la gare infidèle au beffroi de minuit...
Reste encore, reste un peu.
Les bourgeois descendront l'escalier richement:
La dentelle frileuse et l'orgueil engourdi.
Nos regards, sous leurs pas, lèveront l'Astrakan,
Trop certains d'y trouver le berceau de l'ennui
Et tu diras "peut être" en dessinant mes rides.
Le vieux maître d'hôtel, dans un effet de manche,
En voulant t'éblouir, versera, tout tremblant,
Sa plus belle trappiste sur ton jean du dimanche
Et je serai jaloux ou je ferai semblant...
Puis nous rirons très fort, comme font les artistes,
Et la mer,
Là, juste à côté sur la place...
Et la mer,
Celle qui me reprend quand tu pars,
Quand tu passes,
Quand tu me reviens...
La mer ramènera, pour la fin de l'entr'acte,
Les brouillons de nos vies jusqu'au pied du théâtre...
Reste encore, reste un peu.
Je te retrouverai, si tu veux, cet hiver.
J'aurai plein de crédos, de désirs et de riens.
De ce qui te fait peur à ce qui me retient,
Tout paraîtra si bête dans le fond de nos verres
Que nous nous rejouerons les plus tendres répliques...
Et la mer,
Là, juste à côté sur la place...
Et la mer,
Celle qui me reprend quand tu pars,
Quand tu passes,
Quand tu me reviens...
La mer ramènera, pour un nouveau miracle,
Nos premiers mots d'amour aux portes du théâtre,
Reste encore, reste un peu...
Je sais de vieux amants qui retrouvent un pays
Quand la fierté n'est plus qu'un remords, dans la nuit...
Reste encore, si tu veux.
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