Ca commence
Par le premier silence,
Une façon de dire merci,
Le chagrin
D’un gamin
Qui se balance
Dans la nuit.
C’est un espoir
Qu’il copie en miroir,
Son pas à rattraper la vie,
Le “je t’aime”
Qu’il appelle
Dans la bagarre...
Poing sur “i”!
Ce que vous écrivez, c’est le tour de manège,
Le baiser dans le sable, l’innocence des loups.
C’est le désir inquiet et le premier arpège
Quand la chanson refait la tendresse à genoux.
C’est le regard qui lève et qui n’en finit plus:
“Tu viens... je ne sais pas si j’ai tort ou raison
Mais des choeurs de mon coeur aux valses de ta rue
Ce que nous écrirons, c’est le chant des saisons."
C’est, dans ta voix, l’ambition des fontaines,
La fringale du premier matin,
Un p’tit refrain, comme ça, qui m’fait une scène
Pour mon bien,
L’embellie qui s’éteint doucement, les murmures,
Le jeu que tu ne comprends pas
Et ce dimanche qui se donne des allures
D’opéra!
Ce que vous écrivez, c’est la joie qui s’égare
Pour un geste défait, pour un charme déçu,
Le brouillon oublié, le regret du miroir,
Tout ce qui vient pareil ou qui ne sera plus
C’est le mot, simplement, de l’alphabet des jours:
“Dis.. Le soleil dort-il encore dans ma maison?”,
Et le rire, un instant, qui balaye la cour,
Ce que vous écrivez, c’est le chant des saisons.
C’est ce qu’on dit de toi, toi qui n’es jamais là,
Un sourire étranger dans tes yeux d'autrefois,
La mélodie qui meurt quand se vident tes pas,
Une larme qui s’en va s’abriter sous la pluie,
Le bonheur qu’on attend jusqu’au café du coin
Et l’idée qui s’écarte puisqu’avance la vie
Mais qui reste à chanter, dans la marge, au matin...
Avec l’espoir, encore, qui retrouve un prénom :
“Si je pars avec toi, qu’importe où nous irons?"
... Un reste de tendresse, un baiser sur le front,
Ce que vous écrivez, c’est le chant des saisons.